Donner à voir, à sentir, provoquer une certaine émotion au regard de l’autre,
Je travaille depuis longtemps, j’ai commencé dans les 80 à Nancy un apprentissage solide, parfois dur,
J’ai commencé par le dessin et l’encre, la découverte du trait, la lumière du noir de l’encre sur le papier blanc, j’ai appréhendé la peinture dans le même temps, la gravure et la sculpture des heures et des heures de travail, de recherche , je dirais presque de combat, car parfois la création en est un.
Rencontre avec la matière et tant de choses encore …. J’ai peu montré, peu exposé, sentant confusément que là n’était ni mon but, ni ma motivation ; je sentais au plus profond de moi que je devais aller encore et encore beaucoup plus loin, toucher à une partie de moi-même pour mieux atteindre l’autre . J’ai compris après quelques années que mon travail ne passait pas par mon esprit, ce long cheminement s’est opéré au fil des ans, pratiquement 30 ans.
Aujourd’hui il est temps de montrer un peu, j’ai accumulé des centaines et des centaines de dessins, de traits, de tâches et maintenant de papiers colorés à l’encre.
J’ai vécu des moments heureux et jubilatoires, mais aussi malheureux et de désespoir, seule dans mon atelier du matin au soir, été comme hiver, profitant de chaque instant de chaque questionnement, dialoguant avec mes doutes dans ma solitude choisie et nécessaire.
J’en sors plus forte et plus apaisée, prête à continuer mon chemin aussi longtemps que possible.
Et lorsque je rentre dans l’atelier chaque jour j’ai la conviction que la prochaine toile, le prochain projet sera bien entendu mieux que celle ou celui que je viens de terminer.
Liberté dans l’acte de peindre, ne rien préméditer, calculer ou penser, juste être là au moment….
L’histoire ne s’arrête jamais